Discrétisation des erreurs
Jusqu'à présent, nous avons considéré les erreurs et dans le contexte du code de Shor à 9 qubits, et dans cette section nous allons considérer des erreurs arbitraires. Ce que nous verrons, c'est que pour gérer de telles erreurs, nous n'avons rien à faire de différent de ce dont nous avons déjà discuté ; la capacité à corriger les erreurs , les erreurs , ou les deux, implique la capacité à corriger des erreurs arbitraires. Ce phénomène est parfois appelé la discrétisation des erreurs.
Erreurs unitaires sur un qubit
Commençons par les erreurs unitaires sur un seul qubit. Par exemple, une telle erreur pourrait correspondre à une très petite rotation de la sphère de Bloch, représentant peut-être une erreur subie par une porte imparfaite. Ou elle pourrait être n'importe quelle autre opération unitaire sur un qubit, pas nécessairement proche de l'identité.
Il pourrait sembler difficile de corriger de telles erreurs. Après tout, il existe une infinité d'erreurs possibles de ce type, et il est inconcevable qu'on puisse identifier chaque erreur exactement et ensuite l'annuler. Cependant, tant qu'on peut corriger un retournement de bit, un retournement de phase, ou les deux, on réussira à corriger une erreur unitaire arbitraire sur un seul qubit en utilisant les procédures décrites précédemment dans la leçon.
Pour comprendre pourquoi c'est le cas, reconnaissons d'abord qu'on peut exprimer une matrice unitaire arbitraire représentant une erreur sur un seul qubit, comme une combinaison linéaire des quatre matrices de Pauli (y compris la matrice identité).
Comme nous le verrons, lorsque les circuits de détection d'erreurs sont exécutés, les mesures qui nous donnent les bits du syndrome effondrent effectivement de manière probabiliste l'état de l'encodage vers un état où une erreur (ou l'absence d'erreur) représentée par l'une des quatre matrices de Pauli s'est produite. (Il découle du fait que est unitaire que les nombres et doivent satisfaire et en effet, les valeurs et sont les probabilités avec lesquelles l'état encodé s'effondre vers un état pour lequel l'erreur de Pauli correspondante s'est produite.)
Pour expliquer le fonctionnement de ceci plus en détail, il sera commode d'utiliser des indices pour indiquer sur quel qubit une opération unitaire qubit donnée agit. Par exemple, en utilisant la convention de numérotation des qubits de Qiskit pour numéroter les 9 qubits utilisés pour le code de Shor, nous avons ces expressions pour diverses opérations unitaires sur des qubits individuels, où dans chaque cas on tensorise la matrice unitaire avec la matrice identité sur chaque autre qubit.
Ainsi, en particulier, pour une opération unitaire qubit donnée on peut spécifier l'action de appliquée au qubit par la formule suivante, qui est similaire à la précédente sauf que chaque matrice représente une opération appliquée au qubit
Supposons maintenant que soit l'encodage à 9 qubits d'un état qubit. Si l'erreur se produit sur le qubit , on obtient l'état qui peut s'exprimer comme une combinaison linéaire d'opérations de Pauli agissant sur comme suit.
À ce stade, faisons la substitution
Considérons maintenant les étapes de détection et de correction d'erreurs décrites précédemment. On peut penser aux résultats de mesure pour les trois vérifications de parité du code interne ainsi que celle pour le code externe collectivement comme un syndrome unique composé de 8 bits. Juste avant les mesures standard effectives qui produisent ces bits de syndrome, l'état a la forme suivante.
Pour être clair, nous avons deux systèmes à ce stade. Le système de gauche est les 8 qubits qu'on va mesurer pour obtenir le syndrome, où etc., désignent quel état de la base standard à 8 qubits est compatible avec l'erreur correspondante (ou l'absence d'erreur). Le système de droite est les 9 qubits qu'on utilise pour l'encodage.
Remarquons que ces deux systèmes sont maintenant corrélés (en général), et c'est la clé du fonctionnement de ceci. En mesurant le syndrome, l'état des 9 qubits de droite s'effondre effectivement vers un état dans lequel une erreur de Pauli compatible avec le syndrome mesuré a été appliquée à l'un des qubits. De plus, le syndrome lui-même fournit suffisamment d'informations pour qu'on puisse annuler l'erreur et récupérer l'encodage original
En particulier, si les qubits du syndrome sont mesurés et que les corrections appropriées sont effectuées, on obtient un état qui peut être exprimé comme une matrice densité,
où